Un peu d'histoire
Don José Celestino Mutis fut l'un des premiers conquistadores à s'intéresser aux passiflores. Né en 1732 à Cadix, mort à Bogota en 1808, médecin comme beaucoup de naturalistes à l'époque, il était arrivé à la Nouvelle Grenade en 1760. Il passa le reste de sa vie en Amérique Latine, exerçant et enseignant sa profession à Bogota, et manifestant un grand intérêt pour les plantes, les insectes, les serpents, les minéraux. En 1772 il se fit ordonner prêtre et en 1782 Mutis put enfin réaliser son projet d'expédition botanique : la Expedicion Botanica Del Nuevo Reino de Grenada.
Dès son arrivée en Amérique Latine, Mutis s'est intéressé aux passiflores, faisant récolter et dessiner ces dernières par son entourage. Ces dessins, nombreux et excellents et la présence sur place d'un spécialiste des passiflores, Lorenzo Uribe Uribe, ont permis la parution en 1872 de l'ouvrage "Passifloraceae, Begoniaceae" de Lorenzo Uribe Uribe.
Un peu de botanique
C'est
une fleur aux formes et aux coloris extraordinaires, elle fut découverte par les premiers espagnols qui explorèrent la Forêt vierge Brésilienne et qui virent dans les organes sexuels des fleurs les instruments de la passion du Christ et le signe divin de la prochaine conversion des Indiens au Christianisme. De là provient le nom de "Fleur de la Passion" que lui attribue au XVI siècle le jésuite Ferrari.
Avec plus de 350 espèces, les passiflores constituent une famille considérable, abondantes surtout en Amérique tropicale, mais aussi en Asie et sur certaines Iles du Pacifique. Je pense que tout le monde a vu un jour "Passiflora Caerulea" présente dans de nombreux jardins, car non seulement elle est d'une extraordinaire beauté, mais elle est aussi de culture relativement facile sous nos climats, elle est parfois même très envahissante.
Texte de P. Pomie, première collection nationale de passiflores reconnue par le CCVS en France, aujourd'hui elle est détenue par C. Houel. |